lundi 8 février 2016

Sur le divan


Après 8 ans d’analyse, je viens de dire au revoir à ma psy.

8 années où je suis passée de l’analyse profonde à l’accompagnement bienveillant.

Je me souviens encore la première fois où j’ai poussé la porte du cabinet de ma psy, encouragée et soutenue par mon mari, lui-même en analyse.

Je venais de me marier et allais partir en voyage de noces, j’étais une maman primipare qui malgré beaucoup de réussite, ne trouvait pas sa place.

J’ai immédiatement accrochée avec cette femme, très différente des femmes de ma famille et qui m’a tout de suite convaincue de me lancer dans ce voyage de la connaissance de soi.

Je n’y suis pas allée pour affronter un gros traumatisme mais plutôt parce que j’étais à la recherche d’un soutien pour être moi-même.

D’abord, j’y suis allée toutes les semaines, explorant mon enfance, racontant mes parents et apprenant à me connaître. Les RDV se sont enchaînés en même temps que ma vie se transformait. J’ai eu un autre bébé, j’ai changé de travail, j’ai connu les affres du Pôle Emploi, j’ai retrouvé un boulot.

Petit à petit, à mesure que les RDV s’espaçaient, ma vie s’est transformée.

J’ai eu des séances très douloureuses, d’autres où je ne savais pas quoi dire…

Et puis le travail s’est fait : je me suis sentie de plus en plus Moi et j’ai appris à me connaître et à me faire confiance.

J’ai trouvé une sorte de force tranquille. Je me suis découverte émotive mais capable de gérer mes émotions. Je me suis sentie battante, prête à affronter le monde.

Surtout, à travers le prisme du professionnel, j’ai appris à me remettre en question.
Et je crois que ce point est essentiel dans l’analyse car c’est en apprenant à se regarder vraiment qu’on devient soi.

Certains pensent encore que le psy c est pour les faibles. Je crois au contraire qu il faut avoir une certaine force pour affronter le plus sevère des juges, soi-meme.

J’avais à peine 30 ans quand j’ai commencé, j’en ai presque 40 aujourd’hui. Certains vont se dire qu’il m’en aura fallu du temps pour me découvrir et que j’ai dû en laisser des sous chez le thérapeute.

Beaucoup, même dans mes proches, n’ont pas compris à quel point ces quelques années m’ont fait gagner du temps pourtant !

J’ai d’ailleurs très peu parlé de mon analyse à mes proches car cela ne sert à rien. 

Pourtant, j’ai su quand j’ai eu besoin de commencer et aussi quand il a été temps d’arrêter.

Comme dans tous mes actes, je l’ai fait consciencieusement, pesant mes paroles, analysant les séances, explorant mes sensations…

Alors voilà, après 8 ans de thérapie, j’ai dit au revoir à ma psy il y a deux semaines. Lors d’une ultime séance nous avons clôturé cet accompagnement.

Aujourd’hui je suis très fière d’avoir été au bout. 

J’ai eu beaucoup de chance car mon mari m’a accompagnee. Il m’a vue changer, prendre confiance et m’affirmer et il m'a vraiment soutenue.

J’ai aussi su m’affranchir de ma psy et apprendre à gérer les situations en écoutant mon âme.

Alors je n’ai que mon expérience pour conseiller à tous ceux qui en ressentent le besoin d’aller voir un thérapeute, quel que soit l’avis des gens autour.

Je suis heureuse de l’avoir fait autour de 30 ans car cela m’a permis d’en saisir les tenants et les aboutissants et de pouvoir mettre en pratique ce que je comprenais au fil des séances.

Trop de gens restent avec leurs blessures, bloqués par des préjugés, des fausses idées ou se trouvant un tas d’excuses…

J’ai parfois eu du mal à réunir les fonds pour payer mes séances mais j’ai aussi été heureuse de pouvoir  me prendre en mains.

Je ne veux pas donner de conseils ou porter des jugements, je relate juste mon expérience, celle d’une thérapie réussie.

Alors aujourd’hui je peux dire que Oui j’ai fait dans ma vie une thérapie et que cela m'a beaucoup apporté.




8 commentaires:

Sophie a dit…

Je conseille depuis des années à mon compagnon de consulter un psy mais il s'y refuse, il est encore dans les idées "il n'y a que les fous qui consultent un psy".... et pourtant, je suis certaine que ce serait une délivrance pour lui.
Il faudrait que je lui fasse lire ton article:). Mais, je doute que cela le décide malheureusement.

appelez moi Madame a dit…

Quel joli billet, j'aime quand tu écris avec ton coeur, bravo à toi pour ce long parcours. Beaucoup de personnes ont des freins, des inhibitions, des représentations erronées d'un thérapeute ou d'un psychologue... c'est dommage car si la rencontre a lieu et que cela fonctionne cela peut changer une vie. Bises

petitesmarionnettes a dit…

Merci pour le témoignage!
Moi je regrette d'avoir attendu un choc traumatique pour commencer.
C'est si bon d'être soi!
Des bises et bravo!

Lili a dit…

Un bilan positif !
Je suis en analyse depuis 7 ans (arg). Du chemin parcouru (et comme c'est dur !) mais aussi le constat d'un rapport particulier avec quelqu'un qui a aussi du mal à laisser partir ;-)
Je suis tout-à-fait d'accord avec toi : une analyse ne se raconte pas spécialement à ses proches. Tout juste une anecdote...
Bravo pour le chemin accompli en tout cas !

Ma poussette à Paris a dit…

C'est très interessant comme commentaire, pour le moment, je n'en resens pas le besoin mais un jour peut-être.

bbbsmum a dit…

j'ai fait une thérapie de 9 mois pour surmonter ce que j'ai vécu, pas d'analyse pour moi, mais un suivi et des séances d'edmr ; ça m'a été très précieux...

Crise de Trentenaire a dit…

Très chouette texte, personnel et tout en pudeur... J'espère que tu en inspireras d'autres car faire une analyse ou suivre une thérapie c'est se faire un beau cadeau... Choisir de penser soi même et vivre sa vie. Bravo pour ce texte et cette sélection

Marion a dit…

Magnifique ton article. Quel courage de se livrer ainsi, bravo pour cela. Je me retrouve beaucoup dans ton expérience (mais je n'ai pas encore fini, :-), je dirais que je suis au commencement, et moi aussi dans la trentaine). Cela change déjà ma vie, mais en mieux. C'est une expérience incroyable qu'on ne peut comprendre tant qu'on ne l'a pas vécue. C'est du positif puissance 1000 mais j'ose croire aussi qu'il faut pour cela beaucoup de courage. Tu as très bien décrit tout cela, vraiment merci pour cet article.