vendredi 21 juillet 2017

From Normandie with love


Ces petits weekends en amoureux sont devenus un rituel. Aujourd’hui que les enfants sont plus grands, il nous est plus facile de prendre la tangente quelques jours pour nous retrouver tous les deux. Nous les laissons le cœur léger certains qu’ils profitent de leurs moments à eux avec leurs grands-parents notamment.

En moyenne deux fois par an, nous essayons de nous accorder le temps d’un weekend une pause où le temps n’est rythmé que par nos envies.

La recette de ces weekends est simple : un bel hôtel, une région que nous ne connaissons pas, de la bonne cuisine et se laisser porter par la découverte.

Pour le 14 juillet, nous avons pris la direction de la Normandie, une région que nous connaissons bien mais qui est suffisamment riche pour révéler des coins inexplorés. Nous sommes un peu sortis des sentiers battus entre terre et mer, entre verdure et sable pour une balade à travers le temps.

Ce que j’aime en Normandie c’est qu’en effet, il y a un côté immuable qu’on retrouve en regardant un tableau d’Eugène Boudin ou en lisant un roman de Maupassant. En se baladant à travers les villes ou les lieux phares, on retrouve ici une scène de plage qui semble sortir du 19ème siècle où là un château dans lequel pourrait se promener Jeanne l’héroïne d’Une vie.

C’est par le port de Honfleur que nous avons commencé notre balade, un cliché de la Côte Normande qui figure dans tous les guides de la région. Il y a quelques années, nous y étions passés profitant d’un repas de poissons sur le port. Cette fois, nous avons arpenté quelques ruelles typiques avant de nous poser dans un salon de thé au charme anglais, la Petite Chine. C’est un cadre raffiné, cosy, hors des sentiers touristiques, qui propose une cuisine locale faite de produits de saison et faits maison. Nous nous sommes régalés et avons adoré l’ambiance entre porcelaines à l’anglaise, coussins fleuris, vieilleries délicates et vue à tomber sur le port.  Une jolie adresse qui nous avait été conseillée et qui plaira aux amateurs de brocante.















Après cette balade typique, direction la ville de Pont-Audemer au cœur de la Normandie verte. Pont-Audemer est une ville qui a la particularité d’être traversée par des canaux, ce qui lui donne un air de Venise normande avec ses petites maisons posées le long de l’eau, ses ponts et ses enseignes. Aujourd’hui, ces canaux ne sont plus vraiment exploités même s’il est cependant possible de voguer sur le bras plus large de la Risle avec des canoë-kayak notamment. Il reste beaucoup de témoignages architecturaux du passé dynamique de la ville connue alors pour ses tanneries. Jolies maisons à colombages, détails pittoresques qui nous replongent dans une époque oubliée, petits ponts et végétation luxuriante… C’est un très joli parcours au fil de l’eau qui nous a amenés dans la rue principale de cette ville qui a des allures de villégiature. Nous avons aussi dîné dans un joli petit restaurant servant une nourriture locale délicieuse (coques au chorizo, sole...).









Quittant le centre-ville, nous avons alors découvert notre hôtel situé sur une île. L’Hôtel 4 * de Belle-Isle sur Risle (déniché sur Booking) est une magnifique bâtisse du milieu du 19ème siècle qui était autrefois le château d’un riche industriel local. Il reste d’ailleurs les vestiges de cette usine à quelques mètres de l’hôtel. Le manoir est inspiré du style anglais entre briques, verrière victorienne et porche qui séduisent immédiatement le visiteur. A l’intérieur toute la déco nous replonge dans le 19ème siècle et on a presque l’impression de voir surgir les habitants originaux de cette période. Transformé en hôtel en 1987, les propriétaires ont pris soin de garder l’ensemble dans son jus. La bâtisse se dresse par ailleurs dans un superbe parc où il fait bon de se balader. Les chambres proposent une élégante décoration alliée à la modernité avec notamment des salles de bain très équipées. A noter que la literie est excellente, cela combiné au calme alentour, nous avons dormi comme des bébés.






J’ai eu deux gros coups de cœur : la salle de restaurant dans les tons de pêche et de vert d’eau qui avec ses rideaux à voilages, ses chaises et ses fleurs rappellent complètement l’ambiance avant la Grande Guerre et l’espace SPA qui bien que récent s’imprègne parfaitement à l’ensemble.



Il y a d’une part une piscine intérieure chauffée dans laquelle on a l’impression de prendre un bain, un espace sauna et Hammam, des jaccuzzi et d’autre part une piscine extérieure magnifique. Tapissée de petits carreaux de faïence bleue, elle ressemble à une grande fontaine. Chauffée, sa température est très agréable tout comme sa taille et sa profondeur. Elle donne un cachet supplémentaire à la bâtisse qui la domine. Entourée de frondaisons abondantes, on s’y sent comme dans un havre de paix.





Ce séjour à l’hôtel était particulièrement reposant tant par le cadre hors du temps que par l’ensemble des soins apportés à sa déco et au service. Le personnel de l’hôtel est particulièrement dévoué. Il y règne un calme propice à la détente que nous avons beaucoup aimé. Je le recommande d’ailleurs plus pour un séjour en amoureux que pour un séjour familial même si les enfants sont tout à fait les bienvenus.





Evidemment, nous avions envie de voir la mer car c’est quand même l’un des plaisirs de la Normandie pour les parisiens : avoir la mer à 2h30 de chez soi…

Mais l’idée d’aller à Deauville ou Trouville ne nous emballait pas… Non pas que nous n’aimons pas ces villes mais nous avions envie de plus d’authenticité… et de moins de parisiens.

Nous avons donc pris la route de Villers, Cabourg découvrant un front de mer enchanteur bordé de maisons nobles à pignons et longé par une voie piétonne et parfois même par la ligne de chemin de fer. Nous avons posé notre serviette sur la plage d’Houlgate adorable station balnéaire aux allures bourgeoises. La ville est typique des villes de vacances normandes avec de très belles constructions et une rue centrale bordée de part et d’autre de boutiques, restaurants et échoppes de crêpes, gaufres ou glaces. La plage est très vaste et tout le long, on voit des parasols et des tentes bleu et orange qui se fondent parfaitement avec le paysage. La vision d’ensemble était vraiment jolie et nous n’avons pas résisté à louer pour la journée une de ces jolies tentes. D’autant que ce jour-là il y avait beaucoup de vent et la Manche avait des allures d’Océan Atlantique. J’avais promis de me baigner et bravant les rouleaux, j’ai réussi mon pari et pris beaucoup de plaisir à me mesurer aux éléments. Nous avons passé le reste de l’après-midi à profiter du bon air iodé.








Ce weekend avait un charme suranné avec tous les ingrédients du bonheur.

En conclusion, la Normandie is always a good idea et mérite sa place dans la série des articles « From… with Love » qui revient régulièrement sur le blog.



jeudi 13 juillet 2017

Tu sais que tu es bretonne quand…


Certaines régions de France cultivent depuis toujours des identités fortes. Attachés à leurs valeurs et leurs coutumes, les habitants de ces régions perpétuent à travers des petits symboles leur ADN au fil des générations.

C’est le cas de la Bretagne dont mon mari et moi sommes originaires par nos aïeux. De mon côté c’est très Breizh Power puisque ma mère est née dans le Morbihan tout comme l’ensemble de sa famille maternelle tandis que mon grand-père paternel était un solide breton des Côtes d’Armor. Mon mari a son grand-père paternel qui est aussi né dans le Morbihan et y a vécu une grande partie de sa vie.

Même si l’identité bretonne était très présente dans ma famille, ils ont très vite été déracinés et petite fille, je n’ai jamais passé mes vacances en Bretagne. A l’inverse, mon mari a bénéficié du bon air breton toute son enfance en allant chaque été à Damgan, non loin de Vannes.

Pourtant, malgré mon fort attachement à Paris (ville où je suis née et est grandi), j’ai toujours senti l’odeur des crêpes dans la cuisine, eu la vision de la mer et des bigoudaines.

Ma grand-mère maternelle m’a racontée toute son enfance. Le mercredi, elle me gardait et assise devant une assiette de crêpes, j’écoutais ses récits d’un autre temps. J’ai ainsi appris que la vie en Bretagne était aussi douce que rude. La plupart des anciens ne parlaient que le breton. Les femmes portaient les coiffes. On mangeait des crêpes, on buvait du cidre et on rêvait d’Amérique. Ma grand-mère ne savait cuisiner rien d’autre que ses crêpes justement et longtemps c’est à peu près la seule chose que j’ai su faire aussi. Tu sais que tu es bretonne quand cette odeur de beurre fondu est ta Madeleine de Proust.

Une autre tradition des enfants bretons est le fameux bol en faïence bleu et blanc peint à ton prénom avec à l’intérieur un décor breton. C’est typiquement le cadeau qu’on fait aux petits bretons et que l’on conserve dans son placard au fil du temps. Le mien est resté chez ma mère mais mon mari a le sien. Par contre, nous n’avons toujours pas perpétué la tradition avec nos propres enfants… Attention, aujourd’hui certains de ces bols sont faits en Chine malheureusement alors attention à bien se les procurer auprès d’un véritable artisan. La plus connue est la faïencerie HB Henriot dont la signature orne les bols aux deux oreilles à liseré bleu.


La Bretagne c’est une région entre Terre et mer où les symboles côtoient les légendes.

Marinières et cirés bretons, bonnets et chandails en laine écrus ou marines.


Palets ou galettes bretonnes qui régalent les gourmands avec des ingrédients simples.


Petite friture sucrée qui a fait le bonheur des petits bretons et celui de ma mère qui les achetait en rentrant de la plage quand elle était petite fille et qui les a fait découvrir à ses petits-enfants.



Et puis le beurre salé sur les tartines du petit déjeuner, dans les gâteaux au chocolat, dans les pommes de terre… Nous avons toujours une plaquette de beurre salée à la maison et si à Paris on en trouve partout, ce n’est pas le cas de toutes les régions de France. Il faut dire que c’est réservé aux habitués. J’avoue ne pas l’aimer sur mes tartines du petit déjeuner alors que mon mari ne peut vivre sans…

Tu sais que tu es bretonne quand tu t’émerveilles devant la beauté des voiliers et des bateaux de pêche, que tu as l’impression de revivre quand l’air iodé vient effleurer tes narines…

Tu sais que tu es bretonne quand tu crois aux légendes et aux mythes anciens qui peuplent la forêt de Brocéliande ou les menhirs de Carnac.

Tu sais que tu es bretonne à de multiples détails qui t’ont été transmis par des générations  d’amoureux de leur pays.

La Bretagne c’est un pays de douceur, une région de conquérants, une terre de transmission.

Peu importe que comme moi, tu connaisses très mal cette région, elle est dans le cœur de tous les bretons.

J’espère au fil des années explorer un peu plus cette région qui est une partie de mon histoire, de celle de mes enfants et de celle de mon mari…