vendredi 4 août 2017

« Dis papa tu m’emmènes sur le Mont Blanc ? »


Dans la famille aventuriers, je vous ai déjà parlé du papa. Insatiable aventurier, il alterne marches longues de jour comme de nuit, roadtrip à vélo en France et en Europe ou sessions d’alpinisme sur les sommets alpins…

Mais vous ai-je déjà dit que cette passion s’est transmise à un certain petit garçon qui va fêter ses 11 ans dans quelques jours ?

Quand j’étais enceinte de ce petit garçon, mon mari a entrepris de faire l’ascension du Mont Blanc pour la première fois (il l’a depuis fait 3 fois). Une belle aventure pour ses 30 ans et arrivé au sommet, il s’est fait prendre en photo avec un message à destination du bébé et à mon attention. Cette image est l’un des souvenirs les plus précieux que mon fils conserve. Il a accroché cette photo au-dessus de son bureau et il a développé une envie de gravir les montagnes, de se confronter aux éléments et de se mesurer lui aussi au Mont Blanc.

Depuis des années, il réclame à son papa de partir à l’ascension du plus haut sommet alpin et raisonnablement ils ont convenu qu’il faudrait attendre encore quelques années et s’entrainer pour être prêt.

Ce petit garçon grandit et va rentrer en 6ème en septembre. C’est un préado qui est vaillant, posé, motivé, taquin, autonome et qui a envie de se dépasser. 


Alors fin juin, son papa lui a fait la surprise de l’emmener dans les Alpes dans le Massif du Mont Blanc le temps d’un vrai weekend d’alpiniste.


Découverte de la Haute montagne, univers minéral qui intimide un peu. Partout des sommets dont certains avaient encore de la neige. Chalets d’alpage, fleurs de montagne, fromages et produits du terroir qui caractérisent si bien cette région.

Il a ouvert les yeux sur ce monde nouveau tant espéré, tant fantasmé et est parti à l’assaut des sommets sous la houlette bienveillante de son papa. 

Il ne faisait pas beau ce weekend mais les conditions défavorables ne les ont pas empêché de vivre une expérience formidable jusqu’au refuge de Tête Rousse, étape sur la route vers le Mont Blanc niché à 3167 m.

Auparavant, ils ont passé une nuit dans le joli hameau du Bionnassay, puis ont emprunté le fameux tramway du Mont Blanc. A partir de là, il a fallu grimper !




Quel bonheur pour ce petit garçon de se confronter aux éléments, de marcher dans les pierres, de prendre un peu plus de hauteur à chaque pas.



Quelle joie quand il a fallu s’équiper d’un baudrier, d’un casque et de chausser les crampons pour marcher sur la glace ! A réception des photos, j’ai pu lire la fierté et la joie dans son visage.

Il a connu les joies du refuge où l’on dort à 12 dans une même chambre toutes nationalités confondues. Il y a ceux qui ronflent, ceux qui sont insomniaques et même un guide qui a fait un AVC en pleine nuit !


Il y a eu surtout l’aventure, la connexion avec les éléments, la sensation de vivre une expérience de liberté…

Il y a eu ce weekend inoubliable avec son papa. Ce papa un peu différent des autres, ce papa qui partage avec son fils une activité où il faut apprendre à se dépasser. 




Ce papa qui a certainement tremblé par moments car la haute montagne n’est pas une partie de plaisir. Il y a des dangers, il faut être vigilant, savoir gérer ses peurs.

C’est une drôle de passion que son papa lui a transmise et peut être que mon cœur de maman aurait préféré qu’il adore les échecs !

Mais je ne peux qu’être fière de ce partage, de cette passion commune, de ces gestes de transmission et de ces souvenirs rien qu’à eux. Je ne suis que la narratrice de leur aventure et ils sauraient certainement mieux que moi vous partager leur joli voyage. Mais si je n'ai pas le talent de vivre cette expérience, j'ai peut être un peu celui de le partager avec vous (avec leur accord).


Alors tu peux en être sûr mon petit bonhomme, ton papa t’emmènera un jour jusqu’au Mont Blanc puisqu’avec toi il faut gravir des montagnes au sens propre du terme ! Tu as montré ton courage et tu as la chance de pouvoir compter sur ton papa pour t'accompagner dans ce chemin qui est le tien.

Alors de la même manière que je ne suis pas une épouse qui tremble quand son chéri lui annonce l'une de ses dernières envies d'ailleurs, je regarde mes deux hommes partager ce bonheur avec une certaine confiance car je sais qu'ils ont une bonne étoile.